Mais pourquoi donc Cochabamba ?
Cet été 2026, Cyril et Lisa sont allés en Bolivie avec leurs deux enfants et ont apporté leur aide aux enfants de CAICC. Ils racontent leur séjour bouleversant...

Mais pourquoi donc Cocchabamba, ville peu citée dans les guides touristiques ?
Nous venons ici pour découvrir le centre CAICC (Centro de Atención Integral Carcelario y Comunitario) que nous avons connu grâce à des amis qui soutiennent ce projet.
Depuis trente ans, cette association accueille les enfants dont un parent est incarcéré en prison et qui vivent dans des conditions très précaires. Le CAICC offre aux enfants un refuge pendant la journée, un endroit calme où ils sont en sécurité, où ils peuvent jouer, apprendre, faire leurs devoirs, leur lessive, être considérés et recevoir de quoi manger. Pour beaucoup ils n’ont pas de quoi manger en dehors du centre et recevoir un repas chaud est un luxe que, nous qui ne manquons de rien, pouvons difficilement mesurer. Dans ce centre d’accueil de jour, ils sont entourés, écoutés et accompagnés sans être séparés de leur famille. C'est toute la force du projet : préserver le lien familial, là où beaucoup d'autres structures privilégient le placement permanent.
Ce centre est unique en Bolivie et c’est bien dommage.
Il y a encore cinq ans, près de 150 enfants y étaient accueillis. Mais avec la crise du Covid et la suppression des subventions gouvernementales destinées aux centres d'accueil de jour, les moyens se sont effondrés. Aujourd'hui, seuls quatre-vingt-dix enfants peuvent être pris en charge.
Il y a un centre pour les petits (2 ans à 6 ans) et un pour les grands (6 à 18 ans).
Les éducatrices (il y en a 6) sont appelées « tía » (=tante) par les enfants. Nous aussi ils nous appellent tía et tío. C’est touchant.
L'équipe, déploie une énergie admirable pour s’occuper d’eux. Il y a aussi deux cuisinières. Toutes consacrent leur vie à ces enfants avec une bienveillance et un amour de l’autre qui nous touche profondément dès nos premières minutes dans le centre.
Bien évidemment que nos quelques jours avec CAICC ne vont pas changer la vie de ces enfants mais notre souhait, au-delà d’une aide ponctuelle et d’une aventure de don de soi en famille, c’est de faire connaître le CAICC… aujourd'hui, le centre ne survit que grâce à quelques partenaires et surtout aux dons de particuliers. Alors on fait de la pub.. c’est une association qui est reconnue d’utilité publique avec un abattement de 66% ( quand tu donnes, par exemple, 50€ ça te coûte en réalité 17€) et tout est géré par des bénévoles donc 100% des dons vont à l’association. Chaque contribution permet de financer les repas des enfants, mais aussi le (minuscule !) salaire de cette équipe incroyable qui les accompagne au quotidien.
Le souci qu’ils ont en ce moment c’est que le lieu qui les abritait jusqu’à présent va être récupéré par son propriétaire et ils vont donc être mis à la porte. Ils ont donc le projet d’acheter un terrain et construire un centre qui serait le bien de l’association et qui éviterait cette crainte permanente d’être expulsé.. c’est donc aussi vers ce projet de construction que vont les dons. Ça permettrait aussi de rassembler le centre des petits et celui des grands pour une logistique bien plus facile pour tout le monde et en particulier pour Méri.
Mais qui est Méri? C’est la directrice de cette structure, c’est elle qui jongle entre les deux centres, qui garde le lien avec les familles, qui veille à la formation des « tiás » et aux bonnes relations entre enfants+enfants, tiàs+tiàs entre elles. C’est elle aussi qui cherche des partenaires pour trouver des subventions, du riz, un petit peu de papeterie, etc. Elle n’arrête pas une minute. Elle est souriante, solaire, engagée, enthousiaste,.. et très croyante. Ce qui lui donne la force de s’engager si pleinement c’est Dieu. Wahouu, une foi si puissante c’est impressionnant.
C’est elle aussi qui devait nous accueillir à Cochabamba mais il y a déjà une autre famille de bénévoles dans sa maison. Elle a donc demandé à Laura, une de ses sœurs (ils sont 9 enfants) si elle voulait bien nous prêter sa chambre… et elle a accepté « con gusto » (= avec plaisir).
"Au début, ils sont juste trois visages parmi les dizaines d'enfants de CAICC.
Puis, sans qu'on sache vraiment pourquoi, ils sont toujours là.
À côté de nous.
Avec nous.
Contre nous.
3 enfants tellement attachants. 3 frères et sœurs qui nous ont profondément touchés. Leur papa est emprisonné au Chili depuis maintenant 5 ans. La maman se retrouvant seule pour élever ses trois enfants a fait le choix terrible de mettre sa vie en danger pour essayer d’offrir une vie meilleure à ses enfants.. en transportant de la drogue jusqu’au Pérou elle pouvait gagner beaucoup d’argent (pas pour devenir riche.. simplement pour avoir de quoi nourrir ses 3 enfants, de quoi vivre confortablement au moins un an) mais elle s’est fait prendre et est emprisonnée au Pérou pour au moins 15 ans. Les 3 enfants se retrouvent donc sans parents. Ils sont placés chez leur tante (la sœur de la mère) qui vit déjà difficilement en élevant seule ses deux enfants.. et on lui impose 3 enfants dont elle ne veut pas.. elle n’a pas le choix.. autant dire qu’elle n’a ni temps, ni argent, ni place, ni nourriture, ni amour, ni câlin à donner.. bien au contraire..
Heureusement pour Jason, Jenny et Jairhil, ils sont pris en charge la journée au centre de Caicc. C’est devenu un petit peu leur refuge. Ils y trouvent à manger, du réconfort et un cadre à respecter (ce qui peut s’avérer difficile mais nécessaire..en particulier pour le plus petit).
Ils y travaillent, font leurs devoirs.
Ils y jouent.
Ils y reçoivent surtout ce dont tout enfant a besoin : un regard, une présence, une main tendue.
Nous avons souvent vu les tias partager leur assiette avec eux et leur donner les restes de repas pour repartir avec de quoi manger un petit peu le soir… elles savent qu’il n’y aura sans doute rien d’autre à manger pour eux une fois rentrés à leur « maison ».
Ils sont en demande de câlin et nous faisons notre maximum pour leur donner de l’affection.
C’est Jason qui s’était ouvert la joue avec la balançoire et que nous avions soigné avec les moyens du bord.
J’ai pleuré en voyant Cyril allongé sur le dos dans la classe des 2-3 ans et Jairhil (le plus petit de la fratrie) se blottir dans ses bras protecteur pour un petit peu de réconfort le temps d’une sieste. Petit bonhomme..
Les trois ont aussi une attirance pour la musique (dès que Cyril sort la guitare ils ont envie d’y jouer) et une belle capacité à retenir les paroles d’une chanson même dans une langue étrangère (émouvant de voir Jairhil chanter Frère Jacques ou Jason jouer à « dans ma cabane sous terre..).
La vie ne leur a pas fait de cadeau et nous leur souhaitons du fond du cœur le meilleur pour la suite.."
Lisa et Cyril, été 2026



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